Texte dramatique — courte pièce
Crédits de création
Année de création : 2020
Durée : 10 minutes
Distribution : 2 f
Production : Théâtre du Ricochet
Diffusion : Indiscrétions Publiques
Distribution — Indiscrétions Publiques 2021
Interprétation : Marie-Hélène Gosselin et Caroline Bernier-Dionne
Mise en scène : Frédéric Jeanrie
Costumes / accessoires : Sabrina Johnson
Direction artistique : Frédéric Jeanrie
Direction technique et régie : Mélanie Whissell
Distribution — Indiscrétions Publiques 2024
Interprétation : Nadine Brière et Marie-Hélène Gosselin
Mise en scène : Frédéric Jeanrie
Costumes : Victoire Nativel
Direction de production : Lou Arteau
Résumé
Assise sur un banc, Rachel Comtois égrène les noms de femmes disparues, chaque nœud d’une corde portant la mémoire d’une vie fauchée. Une rencontre fortuite avec une inconnue en patins fait basculer la scène dans un échange fragile, drôle, déroutant, où l’absurde côtoie la douleur brute. À travers ce dialogue improbable, Rachel tente de faire entendre ce que le monde oublie trop vite : les femmes qui ne rentrent plus chez elles. Une parole urgente, intime et politique, portée par un corps qui refuse de disparaître.
Entre humour noir et tragédie silencieuse, le texte explore la vulnérabilité des femmes dans l’espace intime, privé et public, la mémoire des violences et la nécessité de nommer pour résister. Une marche immobile où chaque nom devient un acte de présence.
Note — Suite dramaturgique
Rachel Comtois, 32 ans se termine dans une zone d’incertitude où l’on craint le pire — un écho trop fidèle à la réalité, où les violences qui s’exercent dans l’intime arrachent encore des vies. J’ai choisi d’imaginer une autre trajectoire possible dans Audrey Hétu, 23 ans, une suite rare au théâtre qui reprend les mêmes personnages quelques années plus tard.
Cette seconde rencontre explore ce que la première a déclenché : une prise de conscience, un geste de survie, une reconstruction fragile. Elle interroge aussi la manière dont les histoires se répondent et se transmettent, comment une parole peut éclairer une autre, peut-être prévenir, peut-être sauver.
Cette suite s’inscrit dans une réflexion plus large, amorcée notamment dans mon triptyque diffracté, où j’explore les violences qui se déploient dans les relations intimes — ces dynamiques d’emprise, de contrôle et de domination qui s’installent souvent sans bruit.
Je ne crois pas que tous les hommes soient violents : ce n’est pas mon propos. Mon propos, c’est de nommer ce qui persiste, ce qui revient, ce qui tue encore.
J’aimerais ne plus avoir à écrire sur ces violences. J’arrêterai le jour où l’on cessera de tuer des femmes.
Extrait
Rachel Comtois
À tous les deux jours et demi… une femme ou une fillette est tuée par un homme.
Depuis quatre jours, rien. J’ai tous les noms. Je les compte.