Audrey Hétu, 23 ans

Texte dramatique — courte pièce
Suite dramaturgique à Rachel Comtois, 32 ans


Crédits de création

Année d’écriture : 2022
Durée : 10 minutes
Distribution : 2 f
Statut : Texte terminé — non encore présenté sur scène
Production :
Diffusion :


Contexte

Ce texte s’inscrit dans un geste rare au théâtre : reprendre les mêmes personnages, dans le même lieu, quelques années plus tard, pour imaginer ce qui aurait pu suivre. Rachel Comtois, 32 ans se terminait dans une zone de vertige — un moment où l’on craignait le pire, comme il arrive trop souvent encore, lorsque les violences qui s’exercent dans l’intime atteignent leur point de rupture.

Avec Audrey Hétu, 23 ans, j’ai voulu écrire une autre possibilité. Imaginer que la rencontre au parc, ce bref échange entre deux femmes, ait suffi à fissurer le silence. À provoquer une prise de conscience. À sauver Rachel.

Cette suite explore ce que signifie survivre, se reconstruire, reconnaître chez l’autre les signes que l’on a soi-même traversés. Elle interroge la manière dont une histoire peut en éclairer une autre, comment une parole peut circuler, se transmettre, peut-être prévenir, peut-être sauver.

Elle s’inscrit dans la continuité d’une réflexion amorcée dans mon triptyque diffracté, où j’explore les violences qui se déploient dans les relations intimes — ces dynamiques d’emprise, de contrôle et de domination qui s’installent souvent sans bruit. Je n’écris pas pour dire que tous les hommes sont violents : ce n’est ni vrai ni mon propos. J’écris parce que ces violences persistent, encore et encore, et qu’elles continuent d’arracher des vies.

J’aimerais ne plus avoir à écrire sur ce sujet. J’arrêterai le jour où l’on cessera de tuer des femmes.


Résumé

Dans un parc, Audrey Hétu — 23 ans, une canne à la main, nerveuse, essoufflée — s’assoit près de Rachel Comtois. Elles se reconnaissent peu à peu : elles se sont déjà croisées, dans ce même parc, un an plus tôt. À l’époque, Rachel vivait l’extrême : l’emprise, la peur, la résignation. Audrey, elle, vivait l’insouciance fragile d’une première date, patins aux pieds, sans savoir que cette rencontre allait marquer Rachel au point de lui sauver la vie.

Aujourd’hui, les rôles se renversent.
Rachel va mieux : plainte déposée, maison d’hébergement, reconstruction, lucidité retrouvée.
Audrey, elle, vacille : entorse suspecte, téléphone qui sonne trop souvent, excuses répétées, malaise palpable.

À travers un dialogue tendre, drôle, inquiet, les deux femmes rejouent — sans le savoir — les signes avant-coureurs des violences qui s’installent dans l’intime. Rachel reconnaît ce qu’elle a vécu. Audrey nie, minimise, protège.

Le texte explore la transmission de la vigilance, la solidarité entre femmes, et la manière dont les histoires se répondent, se répètent, se déforment.

 Audrey Hétu, 23 ans interroge ce moment fragile où l’on pourrait encore changer le cours des choses.


Extrait

Audrey

C’est pas un mauvais gars… il l’a pas eu facile… y est juste intense.

Rachel

C’est pas une raison pour vous contrôler.


Texte disponible sur demande : info@daniellethibault.com