Bernadette Bain

Texte hybride — récit performatif — poésie scénique — humour noir


Crédits de création

Année de création : 2017
Durée : 15 minutes
Distribution : 1 narrateurice – Bernadette évoquée
– Créé dans le cadre du cabaret Manifeste d’univers sous‑exposés, présenté au Festival Phénomena (Les Filles électriques) le 16 octobre 2017
Équipe — Cabaret Phénomena 2017
Interprétation : Maude Boutet
Musique : Brigitte Saint-Aubin
Production : Les Filles électriques
Direction artistique : D. Kimm
Contexte : Cabaret performatif, multidisciplinaire, voix féministes et inclassables


Résumé

Dans un Tim Hortons, la vieille Bernadette apparaît par le récit : une silhouette imaginée, une figure racontée, un poème usé qui s’accroche au temps. Bernadette cherche un peu de chaleur, un bol de soupe aux alphabettes. Le narrateurice — témoin, passeur·e — nous entraîne dans ce lieu banal où tout semble figé.
Quand une personne affamée s’approche du bol laissé seul, le quotidien bascule.
Sous sa grosse veste lette, Bernadette porte un passé insoupçonné : une violence absurde, démesurée, presque mythologique.

Le texte joue du choc, de l’humour noir et de l’excès pour fissurer nos perceptions de « la vieillesse » et révéler ce que nos regards effacent.
À travers Bernadette Bain, il explore la zone poreuse entre récit, poésie et théâtre : une figure qui n’apparaît jamais, mais qui existe dans la voix du narrateurice et dans l’imaginaire du public, là où la fiction déborde le réel.

En poussant la violence jusqu’à l’extrême, le texte renvoie la brutalité sociale qui pèse sur les personnes âgées : invisibilisation, infantilisation, réduction à un bloc uniforme. Cette démesure agit comme un miroir déformant mais nécessaire, révélant comment une société peut écraser un groupe lorsqu’elle laisse les préjugés gouverner — qu’il s’agisse des vieux, des jeunes, des femmes, des personnes handicapées ou des communautés LGBTQ+.

La performativité repose sur la voix, le rythme et l’humour noir, faisant craquer le quotidien pour rappeler que la vieillesse n’est jamais un stéréotype, mais un territoire pluriel, traversé de forces, de colères et de possibles.


Extrait

Quand Bernadette a frette, rien ne l’arrête.
Rien ni personne n’a jamais arrêté Bernadette.


Texte disponible sur demande : info@daniellethibault.com