Auteure Autrice – Et vous ? vous allez vous résoudre ?

Auteure Autrice – Et vous ? vous allez vous résoudre ?

Tout d’abord, bienvenue sur mon site et merci de lire mon premier article de blogue! L’autrice que je suis accueille avec bonheur le lecteur ou la lectrice que vous êtes ! Merci d’être là! Alors que je venais tout juste d’écrire un premier jet de ce texte portant sur l’utilisation du mot autrice, voilà que je tombe sur cet article de l’Express qui titre que l’Académie française se résout à la féminisation des mots! Se résout ? Il y a de quoi lancer un débat, mais cette fois-ci, pas sur le mot autrice lui-même, mais sur…. non, je ne m’ aventure pas dans cette voie, je reviens à mon propos de départ, auteure-autrice et je décide plutôt d’actualiser ce texte suite à la parution de cet article.  Je vous assure d’emblée que je n’ai pas eu à me résoudre, d’ailleurs, dans la vie, disons-le, je n’aime pas trop avoir à me résoudre.

Donc, pour ce premier article, il me semblait pertinent d’aborder ce sujet qui dans les derniers mois, ne faisait pas l’unanimité dans le monde littéraire et théâtral :  l’utilisation du mot autrice plutôt que le mot auteure. Mon but n’est certes pas de relancer cette polémique, mais plutôt de clarifier son usage sur mon site. Il m’arrive souvent de voir des gens sourciller devant le mot, regard perplexe, certains allant à me soupçonner de prendre des libertés avec la langue.  Serait-ce une lubie, une fantaisie de ma part? J’ai perçu quelques réserves affichées, mais j’ai aussi reçu plusieurs refus catégoriques, par souci de beauté, de sonorité, autrice sonnerait mal à l’oreille, écorcherait celle-ci. J’ai aussi vu passer de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux et plusieurs affirment détester le mot autrice et que jamais, jamais ils ne l’utiliseront. Donc, oui, la polémique existe et ce blogue est un espace qui me semble tout approprié pour échanger sur la valeur, la portée et la signification des mots.

Pour le moment ma ligne éditoriale est plutôt floue. J’assume totalement. Liberté, liberté, le temps, la vie dicteront cette ligne. J’ai confiance. Pour le moment, je souhaite que ce blogue devienne un espace qui laisse la place à la poésie, à l’air du temps, au ludisme aussi peut-être? Pourquoi pas? Un espace pour respirer de l’inutile utile? Est-ce que tout doit être utile? Parler, écrire, partager avec l’autre, bavarder, pourquoi pas? Le bavardage fait du bien à l’âme, nous sommes humains.  Ce blogue se veut un espace de liberté sécurisée (safe space), espace de mots libres, oui libres absolument libres. Pas de dogmes, pas de dictatures du verbe, des points de vue partagés qui s’envolent dans l’univers pour croiser des humains qui quelque part, dans l’espace-temps ont envie de les lire, de partager, d’écouter, de dialoguer. Je réclame le droit d’avoir un avis qui diffère du reste de la planète, je réclame le droit d’avoir et de recevoir des avis différents des miens, mais tout cela dans le respect de nos identités propres. Que voulez-vous, je suis unique tout autant que vous l’êtes, alors apprenons à nous connaître et tentons d’évoluer! C’est peut-être une ligne éditoriale finalement?

Donc, auteur ou autrice? En ce qui me concerne, je n’ai pas eu à me résoudre. J’ai plutôt suivi un certain cheminement qui m’a amenée à me questionner, me positionner. Il y a quelques années à peine, j’écrivais auteure. C’était le bon mot, celui que j’avais reçu, celui qui m’avait été transmis, celui que je n’avais jamais questionné. Auteure j’étais, auteure je suis. Auteure je serai jusqu’à ce que… déjà, que comme plusieurs, s’affirmer comme auteure demande un certain cheminement, un certain courage, de l’audace (Ah! Je viens de trouver un prochain sujet de blogue!). Donc un jour, je lis autrice, j’entends autrice, et comme pour plusieurs personnes, mes oreilles saignent un peu. Autrice? Et si je tape autrice pour faire une recherche sur l’Internet, mon correcteur corrige pour autruche! Autruche! Non! Vraiment pas…je poursuis, je veux savoir, comprendre ce délire, autrice, ouash!  étrange, pourquoi ce mot? Et là j’apprends qu’à l’origine, autrice était le bon mot, c’était avant… avant que les hommes de l’Académie française, ce cercle d’hommes de lettres au pouvoir immense, décident unanimement d’éliminer le mot autrice, pour éliminer, enlever le pouvoir d’écrire aux femmes. Car oui, écrire est un acte de pouvoir. S’exprimer, se dire, s’inventer, se définir. Donc, si le mot féminin  n’existe pas, l’écriture des femmes n’existera pas, le mot auteur devient le mot, un mot pour désigner l’homme, seul être pouvant se prévaloir de l’écriture. Certes, des femmes y ajouteront un e et le mot deviendra auteure, mais non, l’accès à l’écriture restera difficile, marginale.

Moi autrice, hum… mes oreilles, surtout qu’en suivant ce mouvement, en le disant, en l’écrivant, je rencontre hommes et femmes qui questionnent, s’interrogent, aiment moins, n’aiment pas du tout, refusent, se révoltent, s’insurgent. Bien oui, le mot autrice divise. Je dois choisir, je dois décider, je dois annoncer mes couleurs, oser dire, écrire, autrice, accepter d’avoir à corriger le correcteur pour ne pas être prise pour une autruche, accepter les voix dissonantes qui me jugent, c’est fait j’assume. Cela dit, j’accepte le choix de chacun et chacune qui préfèrent auteure et qui continuent de l’utiliser, oui, pourquoi pas, ils et elles ont raison, ils et elles sont libres tout comme moi. Qu’est-ce qui m’a fait pencher? L’autre bout du spectre, uniquement. Un jour je me dis : qui lira mes textes? Des lecteurs, des lectrices? Alors, poursuivons simplement cette logique, auteurs et autrices écrivent pour les lecteurs, des lectrices et au théâtre pour des spectateurs et des spectatrices! La boucle est bouclée, autrice je suis devenue.

Coup de théâtre!  voilà que depuis quelques jours l’Académie se résout…(soupir) oui, bien sûr, il était temps…oui, mais se résoudre à féminiser les mots! Les pauvres, pas facile, pas facile!

https://www.lexpress.fr/culture/info-l-express-l-academie-francaise-se-resout-a-la-feminisation_2063017.html

Alors, et vous? Auteure ou autrice?

Et pendant ce temps, à travers le monde, des gens écrivent, des gens lisent…..

À vous qui aimez les mots, les livres, les auteurs, auteures, autrices, il y a quelques jours, j’ai eu le plaisir de découvrir Buenos Aires et le bonheur d’entrer dans ce lieu incroyable, un bijou, un endroit remarquable…je rêve d’y retourner, de m’asseoir dans une des petites loges de cet ancien théâtre, pour écrire peut-être et pour y dévorer un livre écrit par …une personne.

https://www.nationalgeographic.com/travel/destinations/south-america/argentina/buenos-aires/things-to-see-beautiful-bookshop/